Hippophae rhamnoides, ou Argousier, est un arbuste caduc très rustique, épineux et drageonnant, au feuillage étroit gris argenté. Les pieds femelles, pollinisés par un pied mâle, portent en automne de nombreux fruits orange comestibles, très acides et riches en vitamine C. Adapté au plein soleil, il supporte la sécheresse, le calcaire, le vent et les embruns. Idéal en haie défensive, talus, jardin côtier ou verger de petits fruits.
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Floraison
Hippophae rhamnoides, appelé Argousier, est un arbuste caduc particulièrement robuste, reconnaissable à ses rameaux épineux, à son feuillage étroit gris argenté et à ses nombreux fruits orange vif.
Très acides lorsqu’ils sont consommés crus, les fruits peuvent être transformés en jus, sirops, gelées, marmelades ou sauces. Ils sont réputés pour leur teneur élevée en vitamine C et constituent également une ressource hivernale appréciée par les oiseaux.
Capable de pousser dans les sols pauvres, caillouteux, calcaires ou sableux, l’Argousier supporte la sécheresse, le froid intense, le vent et les embruns. Sa végétation drageonnante et son puissant système racinaire permettent de l’utiliser pour former des haies défensives, stabiliser les talus et végétaliser les terrains difficiles.
Hippophae rhamnoides appartient à la famille des Elaeagnaceae, comme les Elaeagnus. Il forme un arbuste très ramifié dont les nombreux rameaux courts se terminent souvent par une épine rigide.
Il atteint généralement de 2 à 4 m de hauteur pour environ 2 à 3 m d’étalement. Dans des conditions favorables et en l’absence de taille, certains sujets peuvent toutefois former de grands arbustes ou de petits arbres dépassant 5 m.
Sa souche émet naturellement des drageons à une certaine distance du pied principal. Cette faculté lui permet de constituer progressivement des fourrés denses, très efficaces pour retenir les sols et créer des haies difficilement pénétrables.
Ce développement doit être anticipé dans les petits jardins. Les jeunes drageons peuvent être supprimés à la bêche lorsqu’ils apparaissent en dehors de la zone réservée à la plante.
Les feuilles caduques sont alternes, très étroites et linéaires. Elles mesurent généralement de 4 à 8 cm de longueur et rappellent, par leur forme et leur couleur, celles de certains saules ou de l’olivier.
La face supérieure est gris-vert à vert argenté, tandis que le revers est beaucoup plus clair, presque blanc, en raison de la présence de petites écailles argentées.
Ce feuillage lumineux réfléchit une partie du rayonnement solaire et limite les pertes d’eau. Il constitue l’une des adaptations de l’Argousier aux terrains exposés, aux vents desséchants et aux périodes de sécheresse.
Son aspect argenté permet également de créer de beaux contrastes dans les haies champêtres et les massifs d’arbustes.
Les fleurs apparaissent généralement en mars ou en avril, avant ou au moment du débourrement. Très petites, sans véritable intérêt décoratif, elles sont de couleur verdâtre à brun jaunâtre.
La pollinisation est principalement assurée par le vent. Les fleurs mâles produisent le pollen, qui doit être transporté jusqu’aux fleurs femelles pour permettre la formation des fruits.
La présence d’abeilles n’est donc pas indispensable à la fructification, même si l’arbuste conserve un grand intérêt écologique par son feuillage dense, ses fruits et ses rameaux épineux.
Une information essentielle pour obtenir des fruits :
Hippophae rhamnoides est une espèce dioïque. Cela signifie que les fleurs mâles et les fleurs femelles se développent sur des plantes différentes.
Seuls les pieds femelles portent des fruits, mais ils doivent être pollinisés par un pied mâle situé à proximité. Pour constituer une petite plantation fruitière, on prévoit généralement un plant mâle pour environ cinq ou six plants femelles.
Les jeunes plants issus de semis ne peuvent pas toujours être sexés avant leur première floraison. Lorsqu’une fructification régulière est recherchée, l’utilisation de cultivars mâles et femelles identifiés est donc préférable.
À partir de la fin de l’été et durant l’automne, les pieds femelles correctement pollinisés se couvrent de petits fruits ovoïdes jaunes à orange vif, serrés le long des rameaux.
Ils persistent souvent après la chute des feuilles et apportent une couleur spectaculaire au jardin pendant l’automne et une partie de l’hiver.
Leur récolte peut être délicate en raison des épines et de la proximité des fruits avec les branches. Les baies sont également fragiles et s’écrasent facilement lorsqu’elles sont parfaitement mûres.
Pour faciliter la récolte, certains jardiniers coupent de petits rameaux chargés de fruits et les placent au congélateur. Une fois gelées, les baies se détachent plus facilement, mais cette technique doit rester modérée afin de ne pas supprimer une trop grande partie du bois fructifère.
Les fruits sont comestibles mais possèdent une saveur très acide et légèrement astringente lorsqu’ils sont consommés crus.
Ils peuvent entrer dans la préparation de jus, de sirops, de coulis, de gelées, de marmelades, de compotes ou de sauces aigres-douces. Leur acidité peut être équilibrée par du sucre ou par l’association avec des fruits plus doux.
Les baies sont naturellement riches en vitamine C et contiennent également différents pigments, vitamines et composés lipidiques. Leur composition varie toutefois fortement selon la sous-espèce, le cultivar, le climat, la maturité et les conditions de culture.
Comme pour tout fruit sauvage ou peu courant, il est conseillé de bien identifier la plante avant consommation et d’éviter les quantités excessives lors d’un premier usage.
Les fruits persistants constituent une nourriture intéressante pour plusieurs espèces d’oiseaux durant l’automne et l’hiver.
Les rameaux densément ramifiés et épineux offrent également un refuge efficace contre les prédateurs. Ils peuvent accueillir des nids et protéger de nombreux petits animaux.
Dans une haie champêtre diversifiée, l’Argousier participe ainsi à la création d’un milieu à la fois nourricier et protecteur.
L’Argousier est une plante pionnière capable de s’installer dans des terrains récemment remaniés, pauvres en matière organique et soumis à l’érosion.
Ses racines portent des nodosités abritant des bactéries actinorhiziennes du genre Frankia. Cette association permet à la plante d’utiliser une partie de l’azote atmosphérique et de se développer dans des sols particulièrement pauvres.
La chute des feuilles et le renouvellement des racines contribuent progressivement à augmenter la quantité de matière organique présente dans le terrain.
Son système racinaire traçant stabilise également les graviers, les sables et les éboulis, ce qui explique son utilisation pour fixer les dunes, les talus routiers ou les terrains dégradés.
Hippophae rhamnoides possède une très vaste aire naturelle qui s’étend de l’Europe occidentale jusqu’à l’Asie centrale, la Sibérie, la Mongolie et certaines régions de Chine.
En Europe, il pousse aussi bien sur les dunes littorales que dans les vallées alluviales, les gravières et les lits de torrents montagnards.
En France, des populations naturelles sont notamment présentes dans les milieux dunaires du littoral septentrional et dans les vallées pierreuses de plusieurs régions alpines.
Selon les populations et les sous-espèces, il peut vivre depuis le niveau de la mer jusqu’à une altitude élevée dans les massifs d’Asie.
Dans son milieu naturel, l’Argousier supporte le vent, les embruns, les sols mobiles, les températures très basses et de longues périodes de sécheresse.
Ses feuilles argentées limitent la transpiration, son système racinaire puissant lui permet de rechercher l’eau en profondeur et ses nodosités racinaires compensent la pauvreté minérale du terrain.
Cette combinaison explique sa capacité à prospérer dans des environnements où peu d’arbustes fruitiers pourraient s’établir durablement.
L’Argousier demande une exposition en plein soleil. Une situation ombragée produit une végétation plus lâche, limite la fructification et favorise le dépérissement progressif des branches internes.
Il apprécie les sols légers, sableux, graveleux, caillouteux ou limoneux, à condition qu’ils soient bien drainés. Il supporte parfaitement le calcaire, les sols neutres et certains terrains légèrement acides.
Sa tolérance aux embruns et aux vents salés en fait un excellent arbuste pour les jardins côtiers.
Il redoute surtout les terres constamment gorgées d’eau, très compactes ou asphyxiantes. Dans un sol argileux, plantez-le sur une pente ou une légère butte afin d’améliorer l’écoulement de l’eau.
Durant la première année, quelques arrosages profonds mais espacés permettent aux racines de coloniser rapidement le terrain.
Une fois bien installé, l’Argousier possède une excellente résistance à la sécheresse. Son réseau racinaire peut s’étendre sur une grande surface et exploiter les réserves d’eau disponibles en profondeur.
Dans le cadre d’une production fruitière, quelques arrosages pendant la formation des fruits peuvent néanmoins améliorer leur calibre et leur teneur en jus, surtout lors d’un été exceptionnellement sec.
Pour une utilisation paysagère ou dans une haie défensive, les arrosages deviennent généralement inutiles après l’installation.
Hippophae rhamnoides fait partie des arbustes les plus résistants au froid. Selon l’origine des plants et les conditions de culture, il peut supporter des températures très largement inférieures à -20 °C.
Cette rusticité lui permet d’être cultivé dans les régions continentales, les zones de montagne et les jardins régulièrement exposés aux gelées.
Les fleurs apparaissant tôt au printemps peuvent toutefois être affectées par un épisode de gel tardif, ce qui peut réduire ponctuellement la fructification sans mettre en danger l’arbuste.
La plantation peut être réalisée à l’automne ou au printemps. Dans les régions très froides ou dans les terrains temporairement humides en hiver, une plantation printanière peut faciliter l’installation.
Prévoyez suffisamment d’espace autour du plant. Dans une haie libre, une distance de 1,50 à 2 m entre les sujets permet de former progressivement une végétation dense.
Évitez de travailler profondément le sol à proximité des racines, car toute blessure peut stimuler l’apparition de nouveaux drageons.
Pour limiter son expansion, coupez les rejets indésirables au plus près de leur point de départ. Une barrière anti-rhizomes profondément installée peut être envisagée dans un jardin où l’espace est limité.
L’Argousier supporte bien la taille, mais celle-ci doit être adaptée à l’usage recherché.
Dans une haie défensive ou brise-vent, une taille légère suffit pour supprimer les branches mortes, limiter la hauteur et maintenir une végétation dense.
Pour une production de fruits, évitez de rabattre chaque année l’ensemble de l’arbuste, car la taille supprimerait une partie des rameaux susceptibles de fructifier.
Procédez plutôt à un renouvellement progressif en supprimant chaque année quelques branches âgées ou mal placées. Cette méthode maintient un équilibre entre jeunes pousses, bois fructifère et accessibilité pour la récolte.
L’espèce peut être multipliée par semis, mais les jeunes plants obtenus présentent des caractéristiques variables et leur sexe ne peut généralement être confirmé qu’au moment de la floraison.
Les cultivars fruitiers ou pollinisateurs doivent être multipliés végétativement, par boutures ou prélèvement de drageons enracinés, afin de conserver leur sexe et leurs qualités propres.
La séparation des rejets constitue une méthode simple lorsque ceux-ci possèdent déjà plusieurs racines bien développées.
Un arbuste reconnu pour sa robustesse :
Hippophae rhamnoides figure parmi les plantes ayant reçu l’Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society.
Cette distinction souligne ses qualités ornementales, son feuillage argenté, sa résistance aux conditions difficiles et son aptitude à pousser dans les terrains sableux ou pauvres.
Pour profiter de ses fruits, il reste toutefois indispensable de réunir au jardin un plant mâle pollinisateur et un ou plusieurs plants femelles.
Un arbuste cultivé pour développer un système racinaire équilibré :
Nos Hippophae rhamnoides sont cultivés en pot anti-chignon de 1,4 litre. La structure de ce contenant favorise la ramification des racines et limite leur enroulement contre les parois.
Après la plantation, ce système racinaire dense et bien réparti colonise plus rapidement le terrain. Cette qualité est particulièrement importante pour un arbuste destiné à résister au vent, à la sécheresse et aux sols pauvres.
Notre substrat associe des éléments drainants à de la terre végétale non traitée. Celle-ci apporte une diversité de micro-organismes naturels et favorise l’adaptation progressive des racines à la terre du jardin.
L’Argousier développe par ailleurs une symbiose particulière avec des bactéries du genre Frankia, capables de fixer l’azote atmosphérique. Cette relation ne doit pas être confondue avec les mycorhizes, mais elle contribue elle aussi à la remarquable autonomie de la plante dans les sols maigres.
Grâce à ses épines, à ses nombreux rameaux et à sa capacité à drageonner, Hippophae rhamnoides forme une excellente haie défensive.
Il peut également constituer une haie brise-vent en bord de mer, stabiliser un talus sec, retenir un sol sableux ou végétaliser une zone pauvre et caillouteuse.
Son feuillage argenté s’intègre facilement dans les jardins naturels, les aménagements d’inspiration littorale et les plantations recherchant des végétaux adaptés au changement climatique.
Dans un verger de petits fruits, il doit être placé dans un espace où sa végétation épineuse et ses drageons ne gêneront pas les circulations ni l’entretien des autres cultures.
Dans les jardins côtiers, l’Argousier peut être associé à des arbustes également résistants au vent et aux embruns, comme les rosiers botaniques, les genévriers ou les éléagnus.
Dans une haie champêtre ou défensive, il accompagne les Cotoneaster, les pistachiers et les genêts.
Son feuillage argenté forme également un beau contraste avec les feuillages sombres et persistants des filaires, des lentisques ou des chênes verts.
Au pied des arbustes, des plantes adaptées aux terrains pauvres comme les santolines, les hysope, les thyms et les graminées sèches permettent de composer une plantation sobre en eau.
Un arbuste fruitier pour les conditions les plus difficiles :
Hippophae rhamnoides associe un feuillage argenté, une rusticité exceptionnelle, des rameaux défensifs et, sur les pieds femelles pollinisés, une abondance de fruits orange comestibles. Une espèce pionnière idéale pour les haies, les talus, les jardins côtiers et les terrains pauvres exposés au soleil.
Le nom Hippophae est formé à partir des mots grecs hippos, « cheval », et phaos, « lumière » ou « éclat ».
Selon une interprétation traditionnelle, les feuilles et les jeunes rameaux auraient été utilisés dans l’Antiquité pour nourrir les chevaux et améliorer l’éclat de leur pelage.
L’épithète rhamnoides signifie « semblable au nerprun », en référence à l’aspect épineux de l’arbuste et à une ressemblance ancienne avec les plantes du genre Rhamnus.